REPERTOIRE DES MONNAIES MEDIEVALES D'ALSACE / 2017

Monnayage impérial, épiscopal, féodal, municipal, obsidional en Alsace
 
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 01. Le siège de Strasbourg par Charles II de Lorraine-Vaudémont en 1592

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Antédiluvien
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MessageSujet: 01. Le siège de Strasbourg par Charles II de Lorraine-Vaudémont en 1592   Dim 23 Sep - 16:54

Le siège de Strasbourg par Charles II de Lorraine-Vaudémont en 1592

(par Ursula Kampmann, traduction et réécriture Antédiluvien)

La situation était assez dangereuse pour le parti catholique en Allemagne. Les protestants ont continué à revendiquer le pouvoir sur de plus en plus de diocèses, en utilisant la même technique à chaque fois: la proportion de protestants dans le chapitre de la cathédrale responsables de l'élection de l'évêque a augmenté jusqu'à ce qu'ils soient assez puissants pour élire un évêque protestant. Cet évêque alors nommé par les protestants, mettait les catholiques sur la défensive.
En 1600, les postes ecclésiastiques du nord de l'Allemagne était entre les mains des protestants. Brême, Lübeck, Riga, Halberstadt, Magdebourg, Brandenbourg et Naumburg-Zeitz. Au total, les catholiques avaient déjà perdu 18 diocèses allemands.
Pour la noblesse catholiques, en particulier, ce fut une amère défaite, les évêchés riches étaient en effet utilisés pour placer les cadets des familles nobles. Ils n'avaient pas besoin d'être prêtres, et rarement un candidat à la dignité épiscopale devait devenir prêtre ordonné.

Ernest de Wittelsbach choisit cette voie quand il a annoncé sa candidature à l'archevêché de Cologne. Cologne était, après tout, d'une grande importance, puisque l'archevêque de Cologne était l'un des sept électeurs qui avaient pouvoir d'élire l'empereur du Saint-Empire. Le fait que le chapitre de la cathédrale choisit son adversaire montra une certaine hostilité.



Portrait de Gebhard sénéchal de Waldburg, archevêque de Cologne, qui se convertit au protestantisme, responsable du conflit du chapitre de Strasbourg. Portrait fait par Tom Ring (1579), Musée de la ville de Kologne, Inv.-Nr. HM 1927/411.
Gebhard sénéchal de Waldburg

Ce que personne ne savait à l'époque c'est que Gebhard sénéchal de Waldburg, nouvellement élu archevêque de Cologne, se préparait à se convertir au protestantisme, un acte qui va à l'encontre de la «réserve ecclésiastique» (non sans controverse), qui avait été incorporée dans le règlement d'Augsbourg. Le changement de religion se traduirait par une perte de la position et de la dignité.

L'empereur et le pape réalisèrent le risque posé par une perte du diocèse essentiel de Cologne. Ils mirent leurs forces et ressources pour l'élection d'Ernest de Wittelsbach comme évêque, puis à financer une armée, qui non seulement exila Gebhard de Waldburg de Cologne, mais aussi chassa ses partisans protestants dans le chapitre de la cathédrale.



Vue de la cité de Strasbourg en 1493, par Hartmann Schedel.


La ville de Strasbourg était d'un très bon accueil pour les protestants. Les citoyens étaient résolument luthériens d'esprit et la ville était membre de la Ligue de Smalkalde. La croissance du protestantisme fut accueillie favorablement par la ville, qui utilisa immédiatement la force armée pour chasser la partie catholique du chapitre de la cathédrale de la ville (à l'époque, l'évêque Johann IV et son chapitre catholique de la cathédrale installés à Saverne). Le chapitre protestant de la cathédrale résida seul à Strasbourg.



Talerklippe uniface de 80 Kreuzer, siège de Strasbourg sous Jean-Georges de Brandenburg, par Charles II de Lorraine-Vaudémont. 1593. Engel & Lehr 448.


Monnaies obsidionales du siège de Strasbourg (1692-1693)

Notgeld Talerklippe de Strasbourg sous Jean Georges de Brandebourg
Notgeld 2/3 Talerklippe de Strasbourg sous Jean Georges de Brandebourg
Notgeld Halbtalerklippe de Strasbourg sous Jean Georges de Brandebourg
Notgeld Vierteltalerklippe de Strasbourg sous Jean Georges de Brandebourg

Le conflit s'intensifia considérablement en 1592 lorsque le vieil évêque mourut et que les deux parties élurent, chacune, un successeur! Le successeur protestant était âgé de 15 ans: Jean-Georges de Brandebourg, et pour le successeur catholique, c'est Charles II de Lorraine-Vaudémont duc de Lorraine, légat apostolique du Saint-Siège en Lorraine, cardinal de Lorraine, évêque de Metz, qui se présenta...

La bataille pour Strasbourg
Les conflits armés ont rapidement suivi. Au début de 1592, l'armée catholique, entoura Strasbourg et assiégea la ville. C'est aussi la période ou la série de Taler- et Kreuzer sur flancs carrés du siège furent frappés et utilisés.

Comme la plupart des pièces de siège, ceux-ci sont fabriquées très simplement. La frappe est uniface et représente trois blasons: en haut, celui de l'évêque Jean-Georges de Brandebourg, en dessous à gauche, l'écu du chapitre de la cathédrale, et à droite, l'écu de la ville de Strasbourg. Sur le dessus: le millésime est inscrit, et dessous: la valeur faciale. Il y a trois variations de poids: les pièces d'un Taler de 80 Kreuzer (Talerklippe zu 80 Kreuzer), les demi-Taler de 40 kreuzer (Halbtalerklippe zu 40 Kreuzer), et le klippe extrêmement rare d'un quart de thaler, ou 20 Kreuzers (Vierteltalerklippe zu 20 Kreuzer).

L'aide des suisse aux protestants de Strasbourg
Les protestants suisses ont aidé à plusieurs reprises leurs frères protestants à Strasbourg et pour persuader Strasbourg que Zürich était un allié fiable, capable de donner rapidement renfort à la ville rhénane si nécessaire malgré les 240 km séparant les deux villes, ils pourraient être à Strasbourg dans la journée pour les aider à se défendre contre les catholiques. Le «Hirsebreifahrt», ou «voyage de la bouillie de mil», réalisée pour la première fois en 1456, puis répétée en 1576, était destiné à être un symbole de cette alliance suisse, prouvant qu'ils étaient fidèles à leur parole. Prêts à partir, les zurichois chargèrent une grosse marmite de bouillie de mil sur le bateau et parvinrent à Strasbourg si rapidement que le gruau était apparemment encore assez chaud pour brûler les lèvres des gens quand ils l'ont mangé!
Hirsebreifahrt / Die Hirsebreifahrten von Zürich nach Strassburg

Liens connexes sur NumisAlsace: La guerre des évêques 1592-1604

La fuite de l'évêque
Même si les protestants avaient permis d'éviter l'attaque de Strasbourg, ils n'étaient pas capables de s'affirmer militairement dans le long terme. L'évêque de Brandebourg reconnut cela dans le traité de Haguenau en 1604 et  renonça à Strasbourg contre le paiement unique de 130.000 florins et un revenu annuel à vie de 9.000 florins. Karl de Lorraine est donc resté évêque en titre et fait. Léopold d'Autriche, frère de l'empereur, devint coadjuteur. De cette façon, les catholiques ont réussi à garder le contrôle du diocèse de Strasbourg.

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"Tous, nous sommes portés par un penchant irrésistible à désirer connaître la science,
en laquelle nous estimons qu’exceller est une belle chose." Cicéron.

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